dimanche 31 octobre 2010

Message de Maryse - 30 octobre, 2010


Bonjour à tous,

Aujourd'hui je vous écris la joie au cœur et avec beaucoup d'espoir pour la construction de notre Centre éducatif qui sera réalisé à l'intérieur des temps prévus; la maison prend forme, les murs sont montés, demain ils termineront les poteaux de soutien. Aujourd'hui vendredi, l'ambiance est super sur le chantier, les hommes s'activent tout en se taquinant et donnent leur maximum pour terminer le travail de la journée un peu plus tôt...


Pierre Daigneault, notre bénévole, arrivé depuis déjà 10 jours, a su créer d'excellents liens avec l'équipe des travailleurs; il prend soin de l'un et de l'autre au besoin, soit pour filtrer de l'eau potable aux hommes, soigner une blessure, encourager, donner un coup de main, tout en supervisant avec brio, le déroulement du chantier.





Je quitterai Grand Goâve le 3 novembre, la tête tranquille, en sachant que Pierre, expert en construction, avec l'aide des menuisiers haïtiens, disposeront du temps nécessaire pour la réalisation du toît, 'si dieu vlé'...

Il me fait plaisir de penser que lors de mon retour en janvier, nous pourrons aménager l'intérieur du Centre et probablement commencer à donner quelques ateliers à nos jeunes parrainés qui seront les premiers à en bénéficier.


Youpi! et à la prochaine!

Maryse Bouthillette

/J.O.R.

mardi 19 octobre 2010

Message de Maryse - 2

18 octobre 2010 - Grand Goâve
Bonjour à vous,

La chaleur lourde et humide ralentit nos pas. Nous avons souvent de fortes ondées de pluie, surtout la nuit; heureusement que nos tentes sont étanches. Ce n'est malheureusement pas le cas des haitiens, qui habitent sous des tentes ou abris de fortune depuis déjà 9 mois. La reconstruction est à peine recommencée.

Pour Projets Maryse, les objectifs de ce mois en Haiti se partagent en trois tâches:

1er: La rentrée scolaire de nos parrainés et le suivi:
La semaine dernière, lundi le 11 octobre, tous les étudiants reprenaient le chemin de l'école. À cause du séisme, l'année scolaire s'est terminée à la fin d'août. Notre programme de parrainage couvre cinq écoles de la région. Cette année, l'entrée scolaire se fait difficilement, les frais scolaires augmentent alors que les parents sont appauvris plus que jamais par le séisme. Nos parrainés issus de milieux très démunis, m'apparaissent privilégiés dans le contexte actuel car nous assumons tous les frais, grâce à votre générosité. Je les vois entrer dans la cour de l'école avec fierté et la joie au coeur. Je suis très touchée de retrouver nos jeunes, année après année, grandis et plus épanouis; plusieurs sont déjà au stade de l'adolescence et une dizaine ont déjà pris la route du secondaire.

Ceci m'amène à mon deuxième objectif:

2e: Apporter une aide financière partielle à des étudiants de milieu pauvre.

Ces jeunes veulent poursuivre leurs études au niveau secondaire, mais ils éprouvent beaucoup de problèmes à rencontrer les frais scolaires trop élevés pour le mince revenu des parents.

Projet Maryse réserve $4,000 par année pour ce projet. Présentement plusieurs de mes après-midi sont réservés pour des rencontres avec des jeunes et leurs parents. Une cinquantaine sont venus me solliciter issus de milieu mono-parental.

3e objectif: Construction de notre Centre éducatif. (30 pieds par 30 pieds)

Deux semaines se sont déjà écoulées, une présence continue est nécessaire pour l'avancement des travaux. À date le solage de pierre est terminé; aujourd'hui les hommes commenceront à ériger les murs de béton; grand boss-maçon, boss-maçon, boss-pelle et boss-ciment travaillent en harmonie , chacun se limitant à sa fonction. Tous les travaux se font manuellement et exigent beaucoup physiquement. L'ambiance ressemble à nos chantiers québecois. Nous avons la chance d'être épaulé par un bénévole québecois, Pierre Daigneault qui est arrivé hier pour se joindre à nous. Je lui souhaite beaucoup de plaisir dans notre équipe et j'acheminerai quelques photos bientôt.

Merci de nous lire et à la prochaine. Maryse.

/JOR

samedi 16 octobre 2010

Message de Maryse : Arrivée en Haïti

6 OCTOBRE 2010
Dès notre arrivée à l'aéroport, une atmosphère chaude et humide nous enveloppe, je reconnais cette odeur si familière maintenant pour moi. Nous attendons patiemment, collés les uns sur les autres, les valises qui déroulent trop lentement sur le caroussel, la manutention est quelque peu brusque, certaines valises ne passent pas l'épreuve, elles arrivent éventrées... .Après deux heures d'attente et de sueur, nous sortons avec tous nos bagages pas trop endommagés.

Felix, notre agent est là depuis longtemps, il nous accueille au travers la foule et nous guide vers le taxi; enfin nous voilà sur la route de Port-au-Prince, il est déjà 17 hres. Ici comme à Montreal c'est l'heure de pointe, mais avec plus de pollution et plus d'animation. Des 'tap-tap' de toutes couleurs se suivent, bondés à craquer, les derniers clients accrochés à l'arrière des camionnettes, le trafic est à son comble, autos et camions se klaxonnent et s'entrecoupent de tous côtés jusqu'au prochain "blocus". Un vrai bain de foule tout au long de la rue, les petits marchands profitent de l'arrêt de la circulation, pour se faufiler avec des marchandises de tout acabit: eau, liqueur douce, bananes frites, pains etc. Il y a de quoi se distraire et prendre le poulx de la ville.

Mais pas chanceuses ce jour-là notre auto-taxi s'arrête et ne veut plus repartir, nous voilà dehors sur le trottoir, dans la poussière,envahies de tout ce tintamare. Heureusement que Felix est là. Nous attendons sans savoir ce qui va se passer.

Enfin, un taxi de la même compagnie s'arrête et les discussions s'engagent avec notre chauffeur. Finalement nous devons continuer la route avec un autre taxi, mais celui-ci refuse l'entente qui a été faite avec le premier et nous demande le double (bien sûr puisqu'il a vu "Blan mal pri"). En effet nous sommes bien vulnérables. Après maintes négociations, l'entente est conclue - à la faveur du chauffeur, bien sûr. Ceci fait partie des aventures en Haiti.

Nous repartons dans un trafic toujours plus dense, et lorsque nous quittons finalement la ville, il est 19 heures, la nuit est déjà là, nous filons sur une route de campagne beaucoup moins achalandée, un bon petit vent de fraîcheur nous ravigote un peu. Nous reprenons notre souffle tranquillement. Nous arrivons à Grand Goâve vers 20 heures, notre famille d'accueil nous reçoit à bras ouverts, ça nous fait chaud au coeur de retrouver nos amis.

Après les salutations et le rangement de nos nombreuses valises, sans perdre de temps, comme trois scouts nous montons sur le toît pour installer nos tentes, ayant comme seul éclairage, nos petites lampes de poche. Ensuite sans hésiter, nous sautons dans la douche avec joie pour retirer les sueurs et fatigue du jour, pour ensuite aller se blottir dans nos petites chaumières, sous le ciel étoilé d'Haiti. Le lendemain matin tout est oublié... et le travail commence.

Maryse

/JOR