mercredi 23 mars 2011

Retour au Québec - Mot de Maryse et photos

« Je reviens d'Haiti après deux mois de travail intensif sur le terrain, et très satisfaite de tous les projets accomplis. Les coopérants qui se sont joints à nous nous ont grandement aidés à réaliser nos objectifs.

Pour ma part, j'avais comme 1er mandat de terminer l'aménagement du Centre Éducatif Marie-Cécile, c'est à dire la fabrication de tables, bancs, armoires, et finition intérieure. Je tiens à remercier les 4 personnes qui ont permis cette réalisation: Madeleine, Céline, Daniel et Louis. (Voir photos)

2e mandat: La construction d'une douzaine de petites maisons. Si nous avons pu construire ces maisons, c'est grâce aux dons que nous avons reçus suite au séisme. (Voir photos)

Merci de continuer à nous appuyer dans notre prochaine levée de fond, nos frères Haitiens ont vraiment besoin de nous. »

-- Maryse Bouthillette


- Centre éducatif Marie-Cécile; magnifique n'est-ce pas?


- Premier atelier au Centre



- Salle pour les ateliers


- Notre artiste Madeleine à l'oeuvre


- Les premières consultations du centre


- Daniel, Louis et Noé au chantier



- Nouvelle kaye pour famille haïtienne

/J.O.R.








lundi 21 mars 2011

Photos



École-Chapelle St-Joseph en construction


Ti-mouns à l'école de Papatanm

Maryse à Papatanm

Ouverture officielle du centre Marie-Cécile

Madeleine Jodoin qui peint (teint?) les lettres qui décorent du nom du Centre la facade extérieure


Daniel Tremblay qui construit les armoires du Centre

mercredi 16 mars 2011

L’école Maranatha

L’argent de l’an dernier était prévu pour l’agrandissement d’une classe. À cause du tremblement de terre, on a construit des locaux temporaires. Des classes de plus de 60 élèves qui se côtoient. Malgré le vacarme, on apprend les divisions à deux chiffres, la géographie, les règles d’accord du participe passé. Le courage des enseignants et des élèves émeut.

Les conditions de travail dans les locaux temporaires sont horribles. Les élèves ne réintégreront leurs classes qu’en septembre. Encore dimanche dernier, une réplique assez forte s’est fait sentir. La plaie est si profonde que le moindre mouvement de la Terre les ramène au 12 janvier 2010.

- Antonio

/J.O.R.

dimanche 13 mars 2011

Chez Félix

Nous campons sur le toit de la maison de Félix, notre agent. Il est cinq heures du matin. Déjà, Jean-Marie repasse un pantalon et une chemise. Le jeune homme a 25 ans et étudie en rhétorique. La maison de sa famille s’est krazé net l’an dernier. Plus d’électricité. Alors pour poursuivre ses études, il habite chez Félix et Ketlie. Bettina, la nièce de Félix, et Rosenie, celle de Ketlie, sont aussi logées pour réussir leurs études. Il règne dans la maison un climat de paix, d’harmonie, de joie. En plus d’Ekson et de Ti-Maryse, les deux enfants, la maisonnée accueille une dizaine de visiteurs chaque jour.

Nous apprécions notre séjour dans cette oasis de bonheur, nous accommodant volontiers de l’inconfort des lieux. Aujourd’hui, Jean-Marie participe à une rencontre annuelle de prière à 3 h de route au sud de Grand-Goâve, raison pour laquelle il repasse ses vêtements.

- Antonio

/J.O.R.

mercredi 9 mars 2011

La patience est une force (Alexandra Ecclesia)

« Nous traversons la route poussiéreuse à 16 heures 30 pour nous rendre au concert que Rosenie, nièce de notre agent sur place, nous avait recommandé. Les bancs sont encore vides, les chanteuses loin d`être habillées ou maquillées. Pourtant, le billet indique "16 heures – Concert ". Nous patientons. Les gens arrivent lentement, en groupes : les femmes dans leurs plus beaux vêtements, les cheveux tressés, les hommes fiers de les accompagner. Ils discutent ensemble, rient, s’accommodent. Le concert est une occasion pour oublier les soucis de la journée, se réjouir de retrouver ses voisins et amis pour la soirée. Personne ne semble se préoccuper du retard. Enfin, à 18 heures 30, avec 2 heures et demie de retard, la modératrice entre sur scène et nous propose de commencer avec une prière.

La patience est une force des Haïtiens, autant dans la reconstruction de la ville qu'au travail ou au marché. Dans les écoles, les élèves se rendent au tableau, un par un, sans discussions ni disputes, dans des classes de 64 enfants. Un par un, ils vont voir le professeur qui leur corrige les devoirs. Les élèves ont souvent une heure de marche pour se rendre à l’école. Qu’importe leur habitation, ils s’y rendent dans leur beau costume bien propre et repassé.

À notre tour, nous avons dû apprendre à être patients. Patients avec l’école de Papatanm qui semblait à ses fins lors de notre arrivée. Patients avec des professeurs surchargés ou démotivés. Patients avec les élèves qui ne comprenaient que le créole. Nous avons appris à être patients avec un sourire sur les lèvres, comme les Haïtiens. Et c’est ainsi que nous pouvons quitter Papatanm avec beaucoup d’espoir dans l’avenir de l’école, qui semble avoir retrouvé son âme dans les dernières quatre semaines.»

- Alexandra


/J.O.R.

mardi 8 mars 2011

L'heure du retour

Comme à chaque année, Antonio a colligé des anecdotes et des pensées (les siennes et celles de quelques autres coopérants) qui ont marqué le périple. J'en mettrai des extraits en ligne durant les prochains jours. Voici son mot d'introduction, où il introduit à la fois une métaphore et un jeu de mot, un motif qui est repris tout au long du compte-rendu...

Grand-Goâve, le mardi 8 mars 2011

Cher ami,

Demain, nous reprenons le vol d’Air Transat en destination de Montréal, bouclant un séjour haïtien d’une durée d’un mois et rejoignant l’équipe de Maryse déjà en selle. Cette année, deux chaines de mousquetons se sont accrochés l’une à l’autre pour atteindre l’inaccessible sommet. Pendant que l’équipe de Maryse s’affairait à la construction du Centre éducatif Marie-Cécile et à la construction de petites maisons pour familles pauvrissimes, celle d’Antonio se vouait à la reconstruction de la chapelle-école Saint-Joseph, nichée dans les hautes montagnes, et au soutien pédagogique d’écoles parfois sans crayons, parfois sans toit. Dix mousquetons solidaires. Ce bouquet d’anecdotes relatera davantage le travail réalisé par la chaine d’Antonio.

Bonne lecture!

- Antonio

/J.O.R.

dimanche 6 mars 2011

Témoignage de Céline

« Quel heureux hasard le jour de mes 80 ans, le 2 février 2011, d'aller rejoindre Projets Maryse à Grand Goâve, Haïti, pour trois semaines et vivre parmi ces gens dont plusieurs d'une extrême pauvreté. J'ai assisté avec Maryse à une « séance consultation » qui m'a permis de prendre conscience de tous les besoins de ces personnes démunies, nourriture, caye, médecine, travail, parrainage d'un enfant pour l'école.

Projets Maryse, projet privé qui distribue équitablement ses argents recueillis pour ces démunis.

J’ai aidé un peu à la construction du Centre Éducatif Marie-Cécile. Avec Noé, Gnmo, et un petit flair de Bakara nous avons bien ri. J'ai aussi aimé mes baignades à la mer en moto taxi et de petits baisés haïtiens en récompense. Je me suis choisie une petite filleule, Angéliska, 3 ans, que j'aiderai dans ses études.

Quelle expérience précieuse parmi ce peuple attachant et parmi les Québécois qui œuvrent à partir de petits projets privés, mais qui apportent de grands bienfaits!

Faut le voir pour le croire.

Au revoir,

- Céline Jodoin »

/J.O.R.

samedi 5 mars 2011

Témoignage de Daniel

« Je suis venu en Haïti pour découvrir le pays et les gens qui l’habitent ainsi que pour aider un tant soit peu Maryse Bouthillette dans l’action qu’elle mène ici. Je suis fier et heureux d’avoir pu contribuer avec mon épouse Madeleine et ma belle-sœur Céline à la finition du Centre éducatif Marie-Cécile à l’éducation. Avant même la fin des travaux des élèves étaient déjà sur place pour un projet de jardin communautaire qui sera aménagé sur le terrain du centre. Quelques petits curieux m’ont aidé à terminer des armoires de rangement ; Parmi eux, Jean-Luc, âgé de 12 ans, possède un talent naturel pour le bricolage. Après m’avoir regardé installer des loquets et une serrure à porte, il a répété chacun de mes gestes pour réaliser un travail identique sur les portes voisines, alors qu’il n’avait jamais manipulé une perceuse à batterie ni touché à un tournevis.

Merci Jean-Luc car tu m’as confirmé que ce Centre a sa raison d’être. »

- Daniel Tremblay

/J.O.R.

vendredi 4 mars 2011

J’ai vu! (Témoignage de Louis)

« Quelques mots pour vous dire que je reviens d’Haïti.

J’y ai vu des enfants démunis marcher à l’école, vêtus de costumes très jolis et impeccablement propres. J’ai vu, au petit matin, des travailleurs joyeux déambuler sur le chemin. J’ai vu des hommes et des femmes faire la ronde en quête de travail. J’ai vu des ados joyeux se rendre aux services religieux tôt le matin et aussi le soir. J’ai vu des animateurs très animés motiver des victimes qui avaient toutes les raisons d’être découragées. J’ai vu des ouvriers transporter dans de simples brouettes le sable et le gravier, des manœuvres apporter sur leurs épaules des sacs de ciment de presque cent livres, des femmes transporter sur leur tête des chaudières d’eau, tout ça pour permettre aux cimentiers de brasser à la main le béton de la dalle du nouveau centre communautaire. J’ai vu des femmes laver le linge au soleil en chantant. J’ai vu des professeurs enseigner sous des abris de fortune en attendant la reconstruction de leur école. J’ai vu des menuisiers scier à la main de longues planches, faute d’électricité. J’ai vu des contractuels casser la pierre à la masse et au marteau; des artisans fabriquer, à partir de matériaux récupérés, les machines-outils dont ils avaient besoin. J’ai vu des travailleurs fabriquer, toujours à la main, dans des moules rudimentaires, des blocs de ciment. J’ai vu des centaines d'individus s’activer à la construction de routes. J’ai vu, j’ai vu au point de ne plus vraiment savoir tout ce que j’ai vu.

Alors, s’il vous plaît, ne me dites plus jamais que les Haïtiens sont fainéants, tarés et corrompus.

J’ai vu un peuple en difficulté. On le serait à moins. Si l’île de Montréal, dans la même minute, bondissait de presque deux mètres pour retomber lourdement, je suis prêt à parier que la population entière s’en remettrait aux gouvernements. Les Haïtiens, eux, ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Ils se débattent, avec l’énergie du désespoir, pour rebâtir leur pays que tout le monde a exploité sans vergogne. Même les piles vendues au prix fort proviennent très souvent de produits rejetés ailleurs !

Malgré toutes les difficultés, me croirez-vous si je vous dis qu’en dépit de son triste passé, Haïti a un avenir?

Louis Ménard,

Stage effectué avec Antonio Di Lalla et Maryse Bouthillette, du 9 au 23 février 2011 »

/J.O.R.

mardi 1 mars 2011

Témoignage de Madeleine

Voici en rafale quelques témoignages supplémentaires de nos coopérants. Aujourd'hui, celui de Madeleine:

«Mon plus grand bonheur a été la rencontre de ma mignonne petite parrainée et de sa mère. À 4 ans elle peut déjà lire une phrase écrite au tableau.

Quelle surprise à la Saint-Valentin de la voir arriver à la « caye » accompagnée de sa mère pour nous saluer et interpréter une petite chanson.

Je sais maintenant que c’est le plus fructueux des placements que j’ai fait jusqu’à ce jour.

- Madeleine Jodoin »

/J.O.R.